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Ce qu’il
faut savoir sur la psychose
Les troubles psychotiques
font partie des troubles mentaux sévères et touchent environ 3 % de la
population. Ils débutent le plus souvent chez les adolescents et les
jeunes adultes et peuvent être ignorés pendant plusieurs mois, voire
même plusieurs années.
La psychose est un
trouble du cerveau qui amène une altération du contact avec la
réalité. Les changements peuvent survenir au niveau des perceptions,
des pensées, des émotions et des comportements.

Lorsque non traitée, la
psychose occasionne beaucoup de souffrance et son impact se répercute
à divers degrés sur le fonctionnement social, familial, scolaire et
professionnel. En effet, la psychose apparaît souvent au début de
l’âge adulte, à une époque critique du développement où des
changements sociaux et psychologiques majeurs surviennent:
individuation par rapport à la famille; développement d’intérêts,
d’habiletés et de loisirs; découverte de l’intimité et de la
sexualité; formation et maintien de relations sociales (amis,
collègues); choix de carrière, début d’emploi ou études supérieures.
Des études ont récemment
démontré que l’obstacle majeur, mais modifiable, au succès d’un
traitement d’une psychose est sa durée avant le début du traitement.
Le plus longtemps la psychose perdure sans traitement, plus lente
sera la récupération. Dans la majorité des cas, une détection précoce
et une intervention intensive peuvent mener à une rémission complète
des symptômes et ainsi éviter une souffrance et une incapacité
prolongées. Par contre, les rechutes de la maladie psychotique peuvent
être fréquentes, d’où l’importance d’une intervention spécialisée.
Le traitement
Le traitement intègre
une combinaison des éléments suivants :
-
Médication appropriée
( stabilisation des symptômes)
-
Psychothérapie de
soutien et cognitivo-comportementale.
-
Participation à des
groupes thérapeutiques visant l’adaptation à l’épisode psychotique
par le développement d’habiletés sociales et fonctionnelles, une
meilleure connaissance de soi, l’atteinte des objectifs de vie et
l’amélioration de l’autonomie personnelle.
-
Les patients recoivent un suivit intensif par un professionnel en santé mentale(intervenant principal) pouvant s'étendre jusqu'à trois à cinq ans selon le besoin.
-
De l'aide spécifique et spécialisée pour le retour au travail et aux études est offerte.
De l'aide pour améliorer l'autonomie à l'hébergement et dans les activités de la vie quotidienne et domestique est offerte.
Dans les moments de
crise, le suivi peut être intensifié. Autant que possible, le traitement se fait en clinique externe, dans le cas où une hospitalisation s'avère nécessaire, elle sera de courte durée. Tous les
efforts sont mis en œuvre afin que le patient retrouve un degré de
fonctionnement optimal.
Le suivi avec le psychiatre s'étend quant à lui sur cinq ans.
- Les personnes nécessitant un suivi prolongé pour des besoins médicaux et psychosociaux spécifiques sont dirigées vers un service approprié.
Psychiatres, travailleurs
sociaux, ergothérapeutes, psychologues, infirmières, conseiller en
orientation, psychoéducateurs, etc. peuvent faire partie de l’équipe
multidisciplinaire.
Objectifs
des programmes d’intervention précoce
-
Détection précoce de la psychose en collaboration
avec les organismes communautaires et la première ligne.
-
Permettre un accès
facile et rapide à un traitement pour les jeunes souffrant de
psychose.
-
Offrir
un traitement précoce et intensif basé sur la collaboration tant
avec le jeune que ses proches, dans un climat d’espoir réaliste.
-
Offrir une intervention
autant que possible dans le milieu de vie et dans une optique de
continuité de soins.
-
Atteindre une rémission
des symptômes de la psychose et la réintégration du patient dans son
milieu et dans ses rôles sociaux significatifs.
-
Offrir une gamme
étendue de services à la fine pointe des connaissances actuelles.
-
Promouvoir l’importance de la prise en charge précoce
et intensive des jeunes souffrant d’un épisode psychotique dès les
premiers signes.
Quels
sont les services offerts par les programmes d’intervention précoce?
Le plus tôt possible,
idéalement dans les jours qui suivent la demande, un premier contact
est établi afin de déterminer si la personne présente des signes
probables d’un début de psychose. (Dans les cas où il y a une liste
d’attente, vu la pénurie de ressources dans plusieurs milieux au
Québec, le patient peut être orienté entre temps vers l’urgence pour
une évaluation psychiatrique.)
Par la suite, une
évaluation plus approfondie est complétée par une équipe d’experts
composée d’un psychiatre et d’une équipe multidisciplinaire afin de
déterminer si la personne souffre de psychose et quelles sont ses
difficultés, ses besoins et son projet de vie. L’entrevue se fait
habituellement dans les locaux des programmes, mais peut également
se faire dans la communauté selon les besoins et le fonctionnement
de chaque clinique.
Le processus
d’évaluation est habituellement complété dans les semaines qui
suivent.
Après l’évaluation, un
traitement médical et psychosocial complet et intensif est offert au
jeune adulte en priorisant l’intervention dans le milieu de vie du
patient autant que possible. Lorsque nécessaire, l’hospitalisation
la plus courte possible est facilitée.
L’intervention
multidisciplinaire se fait dans le cadre d’une approche de
collaboration avec le patient et ses proches. Elle cherche d’abord à
stabiliser les symptômes et la situation de vie, incluant la
résolution de problèmes concernant l’hébergement, les relations
sociales, le revenu, etc. Puis, graduellement, l’intervention vise
une plus grande autonomie du patient par sa réintégration dans un
rôle social significatif pour lui.
Pour y parvenir, des
activités intégrées dans la communauté et l’environnement social du
patient sont privilégiées. Une aide est aussi offerte au jeune
adulte pour l’aider à reprendre les études ou le travail le plus
rapidement possible. L’intervenant principal et le psychiatre
développent donc un plan de traitement individualisé avec chaque
patient et sa famille.
La plupart des
cliniques se retrouvent en hôpital universitaire. Elles accueillent
donc et forment des étudiants stagiaires et des résidents de
diverses disciplines (médecine, psychiatrie, ergothérapie, travail
social, psychologie, soins infirmiers, etc.) intéressés à développer
et partager leurs connaissances et habiletés dans ce secteur de
soins.
En plus des conférences
scientifiques offertes aux médecins, psychiatres et autres
professionnels de la santé, ces programmes offrent également de la
formation et des conférences éducatives au sein des organismes
communautaires ou scolaires; intervenant auprès des jeunes ou encore
aux associations de soutien pour les proches de gens atteints de
maladie mentale, afin de sensibiliser
les gens à l’importance de l’intervention précoce pour la psychose.
Plusieurs de ces
programmes élaborent ou participent à des études visant à mieux
comprendre la façon dont les facteurs biologiques et
environnementaux interagissent et influencent le développement et
l’évolution des troubles psychotiques. Les activités de recherche
touchent entre autres les sujets
suivants :
-
les facteurs de
risque pour le développement de la psychose
-
l'évolution à long
terme et ses prédicateurs
-
l’efficacité des
traitements psychosociaux et pharmacologiques
Comment
avoir accès à ce genre de services?
Les mécanismes de référence de même que les critères
d’admission diffèrent d’une clinique à l’autre. Veuillez vous
informer soit par téléphone ou sur le site Internet de la clinique de
votre région
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